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Belle-Ile de Canapville : un peu d'histoire
De 1760/1761, taille, taxes d'Office: Pierre Cucu, maître papetier, tient le moulin de Belle-Ile pour 400 livres; Charles Foulon fils papetier : 46 livres; Guillaume Cucu maître papetier : 46 livres; Pierre Menard compagnon papetier, 4 livres 10 deniers; Pierre Regnouard compagnon papetier 3 livres 12 deniers etc…
En 1813, le sieur Pipon fait une demande auprès du préfet pour remplacer un moulin à papier par un moulin à farine. Il reste trois moulins à papier avec une position bien définie. En amont de la Touques au-dessous de l’église il y a le moulin de la cour Cucu de Guillaume Le Liévre. Environ 1 km plus bas, en aval, sitôt le pont du chemin de Vimoutiers à Orbec, il y a le moulin du pont (celui qui doit être supprimé). Enfin 500 m en aval se trouve le moulin de Belle-Ile : moulin à papier de la veuve Cucu. 
En 1846, 15 juillet : enquête industrielle, l’arrondissement a 5 papeteries, 3 à Canapville dont 2 appartiennent à Monsieur Boucher-Besserve, vingt ouvriers y travaillent et l’autre papeterie emploie quatre ouvriers. 
Le 11 mars 1873, Messieurs Eugène-Victor demeurant à la Cressonnière (14) et Constant Honoré Hédou (frères) demeurant à Canapville achètent un moulin à papier dit « Le moulin Belle-Île ». Ce moulin appartient  entre autre à Madame Marie Cucu épouse de M. François Félix Hurel papetier à Canapville, M. Joachim Cucu, M. Pierre Cucu, M. François Cucu demeurant tous trois à Canapville et à M. Pierre Cucu, dit Lépine marchand de papier à Canapville.

Un peu plus tard, le moulin est vendu à M. Boucher-Lambert propriétaire d’un moulin à Moutiers-Hubert village voisin et toujours sur la Touques. En 1879, l’usine est partiellement incendiée et reconstruite. Ce moulin est spécialisé dans la fabrication du papier d’emballage et d’impression pour manufactures de tabac (Pays d’Argentan E. Jacquot 1935).

Les 1er et 6 août 1883, Messieurs Eugène-Victor et Constant Hédou fabricants de papier ont vendu le moulin de Belle-Île à M. Joseph Arnal (Maison Maas) manufacture de carton demeurant 4, rue des Ardennes Paris 19ème. La spécialité de cette usine est le carton armé dont la maison Maas a le brevet. Le carton armé présente cet avantage de pouvoir être utilisé pour la toiture sans charpente. La production normale de l’usine est de 450 tonnes par an. Fermés au début de la guerre, les ateliers ont été rouverts en 1915 pour fournir l’Etablissement central du matériel de cantonnement et de camouflage. Le directeur de l’usine est M. Etienne Maura né en 1876 à Paris.

En 1928, l’usine est exploitée par la SNC Leroy Daniel & Cie (scierie). En 1937, Charles Mahé (1884/1970) capitaine au long cours et son épouse Mme Marguerite Lepetit (décédée à Caen sous les bombardements du 6 juin 1944) achètent l’usine de la SNC Leroy &Cie. Une usine d’appareillages électriques et d’abat-jour est installée par M. et Mme Théodore Grimmesein, mais faute de logements pour les ouvriers cette usine est transférée à Argentan (61). Leur fille Agnès naît à Canapville le 6 juin 1944 et décède le 6 mai 1997 à Bron (69). C’est avec les époux Mahé que s’arrête la production hydraulique, c’est-à-dire la fin de l’électricité fournie par le moulin et l’eau de la Touques. 

En 1967, M. Charles Mahé veuf de Mme Marguerite Lepetit et ses cinq enfants décident alors de vendre l’ensemble immobilier à M. et Mme Albert Bothorel-Delozanne. Ceux-ci élèvent des poulets.  En 1970, M. et Mme Lucien-Jean Giraud achètent à M. et Mme Albert Bothorel-Delozanne cet ensemble industriel afin de délocaliser leur entreprise de plastique installée au nord de Paris. Ils prévoient alors de remettre en service l’ouvrage hydraulique dont la production électrique avait été interrompue, après la Seconde Guerre mondiale. Les difficultés pour obtenir l’autorisation de reprendre la production  d’électricité depuis l’avènement d’EDF en quasi-monopole (1947)  arrêtent leur projet. D’abord résidence secondaire, puis la propriété devient leur résidence principale au moment de la retraite des époux Giraud. En 1986, M. et Mme Valère achètent l’ensemble immobilier à M. et Mme Lucien Jean Giraud. Patrick Valère y pratique son métier de vétérinaire équin jusqu’en 2012, puis il délocalise sa clinique équine à Vimoutiers (61)

Ce moulin est un ouvrage hydraulique dont les origines sont déjà avérées vers 1542. Il y est attaché un droit d’eau «fondé en titre» transmis aux propriétaires successifs du fait de son ancienneté. L’usine du Moulin de Belle Île comportait 3 roues dès le XVIIIe siècle. Depuis le début du XXe siècle, les trois canaux souterrains amènent l’eau de la Touques à une turbine et une roue. Le grenier servait de séchoir pour le papier. La roue de 6 m est dite « de poitrine » (de milieu), enserrée entre deux murs pour éviter au maximum les déperditions d’eau sur les côtés. L’eau est admise entre les pales comme dans des tiroirs et fait tourner lentement et silencieusement la roue par son seul poids. Elle a un excellent rendement en limitant les pertes d’énergie.