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Article Ouest-France édition Vimoutiers du 24 avril 2021
Canapville. Nelly Valère veut faire revivre le moulin de Belle-Isle
Le moulin de Belle-Isle, à Canapville, dans l’Orne, est un site figurant à l’inventaire général du patrimoine culturel et industriel de l’Orne. « Il est répertorié comme élément remarquable inscrit au Plan local d’urbanisme intercommunal », indique sa propriétaire, Nelly Valère. Pour l’apercevoir, il faut emprunter un petit chemin, hors des sentiers battus. « Il est le dernier moulin de Canapville sur la Touques », souligne Nelly Valère. C’est un ensemble immobiliser se composant d’un système hydraulique, d’un bâtiment à usage d’usine, d’une maison de maître, d’une remise et de divers éléments bâtis pour l’usage industriel du lieu.

Patrimoine familial
C’est aussi un patrimoine familial. Nelly Valère y vit depuis 1986. Elle travaille sur un projet dans le but de le restaurer pour le réorienter « afin de continuer cette histoire de gagne-pain qui l’a caractérisé tout au long de ses siècles d’existence »

Le Moulin de Belle-Isle est passé de propriétaires en propriétaires, « chacun exploitant ses installations à sa convenance, utilisant les trois roues, puis la turbine, pour fabriquer du papier, jusqu’après la Première Guerre mondiale, puis des abat-jour de voirie, pour finalement abriter un élevage de poulets avant d’être le siège, jusqu’en 2012, d’une pratique vétérinaire équine.»

Nelly Valère souhaite lui redonner vie « en le modernisant et en créant des activités nouvelles propres à satisfaire aux besoins sociétaux et actuels ». Cela implique "une remise en fonction des installations historiques à des fins énergétiques avec la production d’électricité par la remise en fonction de la roue à aubes et de la turbine historiques », en les complétant par « des technologies innovantes et en exploitant les bâtiments à des fins culturelles, pédagogiques et touristiques». L’ambition est de créer un musée du moulin et de la fabrication du papier, d’accueillir des conférences, des séminaires, de faire de la location de salle, de créer une résidence d’artiste, un gîte etc.

« Le moulin le plus important de la paroisse »
Des recherches effectuées sur son histoire, il ressort que « dès les années 1700, il est le moulin à papier le plus important de la paroisse qui en comptait trois, dont deux se situaient en amont de Belle-Isle ». Son activité papetière a perduré « jusqu’à la Guerre de 14-18. Il a fourni les armateurs papetiers de Rouen qui l’exportent jusqu’à La Haye et même Moscou ».

La fabrication du papier dite de main brune (carte à jouer) fabriqué et filigrané « au pot » par la famille Cucu perdure de 1760 à 1876, « date à laquelle les frères Hédou se portent acquéreurs. Deux roues sont remplacées par une turbine, la troisième restant inactive. C’est à ces nouveaux propriétaires que l’on doit l’architecture encore existante de cet ensemble industriel typique du XIXe siècle, construction en brique, fonte, fer, et verre. L’usine des industriels, pour roturiers qu’ils étaient, était leur château. Cette usine reflète bien ce désir de belle architecture par son esthétique et son harmonie exceptionnelles. »

Les recherches effectuées par Nelly Valère lui ont permis de retrouver trace du moulin au XVIIIe siècle. Cependant, « des recherches sur les cartulaires de l’Abbaye de Saint-Wandrille pourraient apporter des précisions sur ses origines. En effet, Emma, châtelaine de Pontchardon, propriétaire au XIe siècle d’un immense domaine le long de la Touques, en amont et en aval, a légué toutes ses terres à l’Abbaye de Saint-Wandrille avant de s’y retirer et d’y mourir vers 1036. Or, on sait qu’à Pontchardon, les forges actionnées par l’eau de la Touques fabriquaient des boulets de canons pour la Guerre de Cent ans, juste en amont de Canapville. Cette recherche reste à faire aux archives de Rouen », indique-t-elle.

Le site est appelé à ouvrir ses portes aux visiteurs à la Journée des moulins les 26 et 27 juin, ainsi qu’aux journées européennes du Patrimoine des 18 et 19 septembre.