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Canapville, lieu de mémoire
Que sont devenus les Foulon, les Le Hoult, les Cucu, maîtres-papetiers dont les moulins faisaient vivre plus de 100 personnes à Saint-Aubin de Canapville vers 1740 ?

Les vestiges de ces moulins sont peu à peu absorbés par la nature verdoyante de la vallée de la Touques : quelques pierres éparses, un bâtiment transformé en étable, un bief encombré où ne coule qu'un filet d'eau. Reste à Belle-lsle, un témoin industriel encore très lisible et important. Ailleurs, si on se tourne vers le cimetière qui entoure l'église, subsistent quelques tombes anciennes du XIXe siècle et le « carré » des enfants. Il est difficile d'imaginer dans ce paysage si paisible aujourd'hui que tant d'hommes, de femmes et d'enfants ont vécu, là leur courte vie assurant leur quotidien grâce en bonne partie à la fabrication du papier qui s'est vendu de Londres à Moscou.

Quelques personnages émergent, tel le curé Guillaume Couture, gardien vigilant de sa paroisse, Marie-Anne Hardy, alliée au maître-papetier le plus important, Jean Foulon, emporté un soir d'automne à 37 ans ; Marie des Vaux, la sage-femme aux 250 accouchements, ondoyant un bébé en péril de mort dont la main, seule sortie, remuait encore et, peut-être, la rebelle, Barbe Le Hoult conservant pour elle ses secrets lors des naissances de ses enfants naturels. Et n'oublions pas Gabriel Colombe, voiturier-papetier transportant à cheval les balles de papier « au pot » jusqu'à Rouen, hiver comme été, au péril de la forêt de la Londe.

C'est à la mémoire de toutes ces personnes qu'il convient de penser en lisant ces lignes, parfois un peu sévères, étayées par la rigueur des chiffres. Allons plus loin: pourquoi ne pas réaliser une stèle avec les morceaux des piles encore sur place ?

Jean LEVÊQUE.


Les deux vues à droite: cadastre de Canapville vers 1820. Les moulins sont symbolisés par une roue 1 - Le moulin (parcelle 200) est représenté avec son bief, ses vestiges sont encore visibles aujourd'hui. La parcelle 204 témoigne d'un moulin disparu, le bief est visible. 2 - Le moulin de Campigny (parcelle 281), à l'origine sans doute du moulin à blé. Le moulin de Belle-Ile (parcelle 293) subsistera jusqu'à l'époque contemporaine avec son système hydraulique. Coll. Archives départementales de l'Orne.

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